La Salle Gaveau, c’est toute une longue histoire…

Ecouter de la musique, oui, mais où l’écouter ? En été dans les festivals, quand chantent les cigales et que ne ressort  que la moitié de la sonorité que fabrique avec tant de soin l’instrumentiste, on se console aisément, ensuite, avec un frais courant d’air et un verre de rosé à la sortie…

Mais le reste de l’année…

 

Selon Monsieur Croche la musique s’écoute dans une acoustique adaptée et préférablement dans un lieu qui résonne encore de son passé.

Voilà pourquoi nous aimons, nous sommes fous de la Salle Gaveau : parce que les murs y ont une histoire dans laquelle nous tentons modestement d’inscrire de nouveaux souvenirs. Parce qu’elle est située au plein centre de la ville et qu’on aime y sortir.

Parce qu’y souffle encore ce vent de liberté dans la programmation qui se fait si rare à Paris, alors que la musique administrée semble ne plus se voir de limite du côté de la Philharmonie et du périphérique…

***

Les plans de la salle Gaveau ont été établis par Jacques Hermant en 1905. La construction de l’immeuble Gaveau s’est déroulée de 1906 à 1907.

L’une des plus anciennes archives de la salle nous montre Camille Saint-Saëns lors de son dernier concert :

Mais savez-vous que c’est Saint-Saëns lui-même qui inaugura le fameux orgue Mutin-Cavaillé-Coll  dont il ne demeure que le buffet, remarquable, qui forme le décor principal de la salle ? Contrairement à l’orgue Gonzales du Studio 104, qui a également été démonté, la salle n’a pas été défigurée par l’arrachement de sa façade…

Un orchestre hollandais en 1925 Salle Gaveau (Source : BNF Gallica)

L’instrument a été par la suite installé en 1957 dans la commune de… Saint-Saëns en Seine-Maritine. Il comportait 39 jeux (8 au positif, 12 au récit, 12 au grand-orgue et 7 au pédalier).  Voici une photo de l’orgue récemment : 

Photo : (c) Le Reveil de Normandie

Depuis son ouverture, la Salle Gaveau a été le témoin des événements les plus divers…

Mentionnons en particulier cette fameuse soirée Dada en 1920, très très agitée dont nous vous livrons un rare témoignage photographique…  

Mais aussi la recension qu’en fit à son journal  pour ses lecteurs le représentant du Figaro le 27 mai 1920 : 

 » Sans sourciller, nous avions lu le programme. Il contenait un assemblage de mots incohérents qu’on aurait crus découpés au hasard dans une feuille imprimée. Au milieu, un entrelacs de cônes, de zébrures et de paraboles mêlait au texte les pièces détachées de quelque étrange mécanique. En exergue, cette annonce d’une fantaisie moins échevelée: «Tous les dadas se feront tondre les cheveux sur la scène.» […]

 » Le sanctuaire du nouveau culte, en l’occurrence la salle Gaveau, regorgeait, vers trois heures, de fidèles ou de curieux. Notre état d’âme, en y pénétrant, était à peu près celui d’un paysan breton admis pour la première fois à contempler quelque cérémonie sacrée des îles Hawaï. Nous savions, en effet, que presque tout le dadaïsme tient dans cette formule renouvelée des poilus: «Il ne faut jamais essayer de comprendre.»

 » Les initiés, cependant, échangeaient des propos abscons et leurs jeunes fronts s’éclairaient de candeur. Le sens de leurs paroles pouvait, croyons-nous, se résumer ainsi: «Dada est grand et M. Picabia est son prophète.» Quant aux profanes, ils roulaient des yeux ronds en regardant la scène. Un premier dada, presque un enfant, parut sur l’estrade et commença de débiter des mots sans suite. Il nous prévint, toutefois, charitablement que le spectacle se déroulerait plutôt dans la salle que sur la scène. Il ne savait pas si bien dire! […] Déjà, en effet, un murmure grondait dans l’auditoire. Un faux nègre, enveloppé dans une robe de chambre, tira d’une malle quelques ballons multicolores et les lâcha vers le plafond.

– Malikoko! cria un interrupteur.

Ce fut le signal du chahut. Des coups de sifflet partirent, aussitôt couverts d’applaudissements frénétiques. Les lazzi s’entrecroisèrent. D’une loge à l’autre, des galeries au parterre, partisans et adversaires de dada s’interpellèrent. Aux protestations, aux injures répondaient des rires homériques et des cris d’animaux. Les plus acharnés s’indignaient qu’aucune chevelure ne fût encore tombée sous le ciseau du sacrificateur et ils clamaient: «La tondeuse! la tondeuse!» sur l’air des Lampions.

Sourd à toutes les tentatives d’obstruction, un virtuose dada continuait cependant d’arracher au piano des dissonances barbares. » 

 » […] Tout à coup, un groupe de personnages grotesques, la tête enfouie dans des tuyaux blancs, fit son entrée. Le vacarme redoubla. Maintenant les projectiles les plus divers pleuvaient sur la scène, boulettes et cocottes de papier, quartiers de pommes et pelures d’oranges. Puis la salle entonna la Madelon. Un fox-trot, joué au grand orgue, préluda à la seconde partie. Mais l’auditoire donnait quelques signes de lassitude. Il y eut un court intermède de calme. L’apparition d’un personnage à perruque revêtu d’un sac de tarlatane dorée allait de nouveau déchaîner la tempête. Coupée de brèves accalmies, elle ne s’apaisa qu’à la fin. Une légère altercation eut lieu; la police dut intervenir. […] » 

Lire l’intégralité sur le site du Figaro
http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2016/02/05/26010-20160205ARTFIG00324-le-mouvement-dada-a-100-ans.php

… à suivre ?!… … à suivre ?!… … à suivre ?!…

 
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Qui donc est ce BOLL ?

Qui est BOLL, le créateur du logo de « Concerts de Monsieur Coche » ?

Mettez un visage sur BOLL, l’homme qui a donné son visage à Monsieur Croche, et créé le visuel qui est notre logo : le dessinateur BOLL. Il travaille au pinceau et à l’encre de Chine. Il n’a pas le droit à l’erreur. Il témoigne d’un humour souvent noir (bien sûr). Et il aime la musique : il n’a jamais manqué un de nos concerts ! 

Monsieur Croche, logo – par BOLL

Boll est un grand dessinateur de presse. On le regarde et l’admire régulièrement dans des titres prestigieux de la presse française, tels Les Echos, le Point mais aussi chaque semaine dans le magazine Livre Hebdo pour ne citer qu’eux. Il a tenu aussi longtemps un blog sur le site de Qobuz.

L’Art de BOLL nécessite une longue initiation : il se donne peu à peu. Ce n’est qu’avec le temps qu’il se découvre totalement.

Ainsi de l’allégorie puissante exprimée par notre logo ci-dessus  : on y verra Monsieur Croche, toujours élégamment vêtu, armé d’une canne de golfe en forme de croche, et qui va porter loin, fort, de manière convaincante les artistes, les messages et les causes qu’il défend. 

Boll utilise une technique très particulière dont il a fait sa marque de fabrique : le « trait libre » ou « encre jetée », une technique de peinture calligraphique chinoise. Avec cette technique aucun retour en arrière n’est possible et si il rate son coup, il faut tout recommencer !

Et surtout, une fois le dessin terminé il faut que cela sèche et c’est long. Commence alors l’attente. Imaginez BOLL devant sa feuille et le téléphone du commanditaire qui sonne sans cesse, pour réclamer son dessin… La vie de BOLL est donc un long supplice.

NOUVEAU ! Voici Monsieur Croche Junior, et Mademoiselle Croche. Leurs aventures commenceront bientôt…

Vous lirez ici une interessante interview de notre ami ! 

Le récital à Tokyo de Henri Barda de nouveau disponible

Henri Barda est extrêmement rare au disque. Son dernier album paru fut en en 2008 un récital live capté à Tokyo au Kioi Hall, qui avait remporté un très grand succès critique. 

Le disque est de nouveau disponible et cette fois en numérique, sur toutes les plateformes de streaming et de téléchargement. 

Vous pouvez l’écouter sur Qobuz
Sur iTunes
Sur Spotify
Sur Deezer ….
et partout ailleurs

Et Monsieur Croche a le plaisir et l’avantage de vous en offrir un extrait, la Première Ballade de Chopin, sur SoundCloud

Henri Barda donnera un nouveau récital aux Concerts de Monsieur Croche le 18 mars 2020. Il est temps de réserver !

 

 

Vladimir Feltsman revient à Schubert !

Vladimir Feltsman, qui a ouvert en octobre 2018 la saison inaugurale des Concerts de Monsieur Croche, vient de publier un nouveau volume de sa splendide intégrale Schubert au piano, qui inclut les sonates D. 575, 850, 566 et 845, ainsi que le magnifique fragment de la sonate D.571.

Comme  tous les disques récents de Vladimir Feltsman, ce disque est paru sous label NIMBUS Alliance, et disponible chez votre disquaire ou sur votre plateforme de streaming préférée. Par exemple, chez Qobuz ! : ) 

Vladimir Feltsman – Photo : (c) Jean-Baptiste Millot / Monsieur Croche

Vous pouvez aussi retrouver ce disque sur le site de l’éditeur Nimbus
A lire sur le site de Monsieur Croche, notre portrait de Vladimir Feltsman

La brochure de saison 2019/2020 est disponible. Téléchargez-là !

Pour les amoureux du papier, la brochure de notre nouvelle saison est maintenant disponible !

Vous pouvez la télécharger immédiatement en cliquant ici et l’imprimer chez vous,

Ou demander à la recevoir  en nous envoyant votre adresse postale complète à info@concertsdemonsieurcroche.com

 

Douze concerts et un festival : la saison 2019/2020 des Concerts de Monsieur Croche

Nous avons le plaisir de présenter la deuxième saison des Concerts de Monsieur Croche à la Salle Gaveau, qui débutera le jeudi 7 novembre 2019.

NOUVEAU ! 

Téléchargez et imprimez chez vous dès à-présent la brochure de saison et le bon de commande pour commander vos places par voir postale

Cette deuxième saison se signale, déjà, par ses fidélités : des artistes tels que Lukas Geniušas, Pavel Kolesnikov ou Henri Barda reviennent.

Nous sommes fiers d’y accueillir un géant du piano, Bruno-Leonardo Gelber.

Photo : Capture d’écran Youtube d’une interview de Bruno-Leonardo Gelber pour Qobuz

Nous sommes heureux ’honorer une grande pianiste française, Françoise Thinat.

Françoise Thinat – (c) Mag Centre : DR

De donner à ré-entendre un autre géant, Emile Naoumoff.

Parmi les jeunes pianistes français, notre choix unique s’est porté sur Rémi Géniet.

Yevgeny Sudbin reviendra enfin à Paris – il est incompréhensible qu’il n’y ait pas été invité plus souvent ces dernières années au vu de sa carrière.

Yevgeny Sudbin, Berlin, 2015, Copyright www.peterrigaud.com

Notre concert d’ouverture a toujours pour vocation à présenter un grand Maître étranger.
Après Vladimir Feltsman en 2018,  Peter Rösel , que nous pensons être le plus grand pianiste allemand vivant, absent en récital de la scène parisienne depuis bien 40 ans, ouvrira notre saison  le jeudi 7 novembre 2019 ! 

Un festival « Piano Frenezy » est créé.
Il proposera à chaque édition sous un même thème quatre grands récitals en une même journée, un samedi, par des artistes singuliers, connus ou pas, jeunes ou pas, qui méritent le volume et l’acoustique d’une grande salle à Paris.


Ce premier Piano Frenezy porte comme titre « L’autre piano français ». Y sont programmés Hélène Tysman, Muriel Chemin, Billy Eidi et Delphine Bardin.

Outre le piano, la programmation s’élargit à la musique de chambre, avec une soirée «  Mazel Tov ! ».  

Ce concert sera consacré à la musique de compositeurs juifs, ou sur des thèmes juifs. Une large part y sera faite à la musique composée dans les camps.

Hélène Schmitt. Photo : (c) Guy Vivien

Pour la première fois Monsieur Croche proposera un concert de musique baroque : « 4 X Bach » par Hélène Schmitt et son ensemble Luceram, et François Guerrier au clavecinqui exploreront la musique de la dynastie Bach. 

Vincent Beer-Demander et Vladimir Cosma – Photo : (c) Jean-Baptiste Millot

Cette saison aura son petit caprice : un concert de mandoline ! Nous y présenterons Vincent Beer Demander, virtuose extraordinaire de son instrument, qui donnera en création mondiale les 24 Caprices pour mandoline seul de Vladimir Cosma !

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Les textes que nous publions sur le web ou dans nos programmes imprimés explicitent nos choix de programmation. Nous attachons une attention particulière à leur qualité, et ils constituent parfois de véritables enquêtes — parce que chacun de nos concerts raconte une histoire. Nous poursuivrons dans cette voie, pour informer, raconter, émouvoir.

Nous développerons en outre un volet pédagogique ouvert au public, qui sera détaillé ultérieurement, à travers des Masterclasses que certains de nos artistes invités offriront, en plus de leur concert. 

Le lancement de cette deuxième saison s’accompagnera d’initiatives pour renforcer la communauté singulière qui se créée peu à peu autour des Concerts de Monsieur Croche et de leur démarche d’indépendance. Une association des amis va voir le jour.

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Enfin, un mot sur notre philosophie. Cette série de concerts n’a demandé à personne l’autorisation d’exister. Elle se caractérise par une indépendance et une liberté qui font sa singularité et son intérêt. Le revers de la médaille est qu’elle a besoin de soutiens et de relais, afin que sa voix originale, étrangère à la doxa institutionnelle et commerciale qui essaime partout, puisse perdurer.

La meilleure façon de soutenir notre entreprise si elle vous plait, c’est de souscrire un abonnement ce qui vous permettra (à partir de seulement quatre concerts à choisir sans aucune obligation), de faire une sérieuse économie (de 20 à 30%) et de bénéficier d’un traitement privilégié ! 

Vous pouvez aussi réserver vos places à l’unité dès à-présent depuis la page de chaque concert sur ce site.

Enfin, si vous souhaitez assister à tous nos concerts (12 concerts du soir et le festival Piano Frenezy), vous pouvez souscrire un abonnement complet de soutien, pour une personne ou en duo ! 

Vous pouvez payer vos abonnements par carte bancaire, par chèque ou virement bancaire. Vous recevrez automatiquement une facture avec TVA à réception de votre paiement.

Nouveauté discographique ! Les Nocturnes de Chopin par Kun Woo Paik

Kun woo Paik consacre l’intégralité de son programme, lors de son prochain concert chez Monsieur Croche, à Chopin – et en particulier aux Nocturnes, dont il vient de signer une intégrale qui vient de paraître chez Deutsche Gramophone. 

Ce nouvel album est uniquement disponible en numérique : à ce stade en téléchargement ou en streaming, sur votre plateforme de musique en ligne préférée. Pour nous, c’est Qobuz

Mais, le mieux c’est de venir écouter Kun woo en « live », Salle Gaveau, le 22 mai prochain ! 

Et ce soir aux Concerts de Monsieur Croche, Monsieur Martial Solal !

Ce soir Salle Gaveau, un récital unique et exceptionnel de Martial Solal

Le pianiste français Martial Solal revient sur scène pour un concert en total improvisation.

Reprenons les mots du site de Jazz Radio ce matin :

 » Martial Solal est une des figures du monde du Jazz. Le pianiste français de 91 ans n’a effectivement pas chômé dans sa carrière et semble peu sûr de s’arrêter un jour.

 » Carmen MCRae, Sidney Bechet, Stéphane Grappelli… Tous ont chanté ou joué en rythme avec ses notes. Des artistes internationaux pour un succès international. Il a transmis son art et inspiré nombreux pianistes qui encore aujourd’hui lui rendent hommage. Autre qu’un pianiste de concert, c’est aussi un compositeur de bande original pour des films comme « A bout de souffle » ou encore « Le Testament d’orphée » par Jean Cocteau. 

Il y a quatre ans, Martial Solal avait décidé d’arrêter à cause d’anévrismes, seulement la passion l’a rattrapé et un an plus tard il était de retour sur scène en duo avec Dave Liebman, saxophoniste Américain. Après ça il a de nouveau arrêté de jouer mais l’histoire se répète et il retourne sur les planches parisiennes le 23 janvier 2019.

Un adieu en musique ? Sa dernière scène ? Peut-être, peut-être pas, le musicien ne cesse de nous surprendre depuis quelques années !

Un spectacle solo entièrement basé sur l’improvisation, une des spécialités de l’artiste qui ravira nos oreilles.

Alors rendez-vous Salle Gaveau à Paris pour une représentation mélodieuse par le grand Martial Solal. Il ne reste que très peu de places.

« Forgotten Russians » – un nouveau disque de Vladimir Feltsman

Bonne nouvelle pour tous ceux qui ont applaudi Vladimir Feltsman en octobre dernier aux Concerts de Monsieur Croche , et qui ont adoré son disque Brahms paru l’année dernière ! Il nous revient, toujours chez Nimbus, avec un enregistrement passionnant et qui comportera beaucoup de véritables découvertes : les « Russes oubliés », en bon français.
Vladimir Feltsman (c)Jean-Baptiste Millot
Dans le long et passionnant livret de pochette, Vladimir commente (extrait de l’introduction ) :

Cet enregistrement rassemble les œuvres de sept compositeurs nés en Russie entre 1882 et 1900. Cinq d’entre eux – Roslavets, Feinberg, Stanchinsky, Protopopov et Mosolov sont restés en Russie. Deux – Obuhov et Lourié – ont émigré en France après la révolution de 1917. Aujourd’hui, ces compositeurs sont souvent appelés « Russes oubliés » car leurs œuvres sont rarement interprétées et leurs noms sont peu connus en dehors d’un cercle restreint de spécialistes et de personnes intéressées par l’art russe​ ​du premier quart du Vingtième siècle.

 » Le début du XXe siècle pourrait être considéré comme une véritable renaissance des arts et des lettres en Europe et en Russie. Les nouveaux mouvements artistiques audacieux, l’esthétique, les styles et les techniques ont émergé très rapidement.   » Le processus d’innovation et de réforme artistique a commencé en Russie à la fin des années 1890 et s’est poursuivi jusqu’à la fin des années 1920. Cela ne se limitait pas à la musique, mais à toutes les formes d’art : poésie et littérature, arts visuels, théâtre et cinématographie. Il englobait des mouvements tels que le Suprématisme (Malevitch), l’Abstractionisme (Kandinsky) et le Futurisme (les frères Burliuk et Pavel Filonov) ; ainsi que des expériences de pointe avec le langage de Khlebnikon et Kruchenykh.  Stravinsky était un fervent partisan de l’Avant-garde musicale, ouvrant des perspectives sonores jusque-là impensables, tandis que les écrivains du groupe «Oberiu» (Kharms, Vvedensky…) étaient en train de jeter les bases d’une littérature ​de l’​absurde. C’était une période de grandes promesses pour l’avenir des arts en Russie – un avenir qui ​n’adviendra hélas​ jamais ​vraiment.
Photo : X – DR
 » On a beaucoup écrit sur la brutalité et l’inhumanité du régime soviétique, sur son idéologie rigide et sur le contrôle total exercé par Staline sur les arts ​; ​ sur la manière dont ​cela a affecté la vie de millions de gens ​ »​ordinaires​ »​ (s’il existe des citoyens ​ »​ordinaires»​…​) ​et tant de projet​s ​artistique​s​ en URSS.   » Qu’il suffise de dire que tous les habitants de l’Union soviétique étaient affligés d’une incertitude constante et craignaient pour leur vie, leur survie physique. Tout le monde avait peur de partager ses vrais points de vue et sa compréhension des réalités politiques, se cachant derrière ​un semblant de sécurité ​personnelle, ​​en se présentant comme de bons et loyaux citoyens du premier, du seul et du plus juste État socialiste​ ! ​ En fait, personne n’était en sécurité​,​ et personne n​e pouvait être réellement à l’abri du hachoir à viande de Staline. 
Sergei Protopopov – Photo : X –  DR
 » Certes, cette atmosphère de peur et d’anarchie a touché tout le monde, y compris les créateurs. Pour un écrivain ou un poète, pour un artiste ou un compositeur, écrire quelque chose qui soit douteux sur le plan idéologique pourrait signifier non seulement un pari sur ​son statut social et le risque de tomber en disgrâce avec des fonctionnaires, mais ​pouvait coûter la vie même. ​Pour cette raison, il est ​bien difficile d’appliquer un critère ​défini d’intégrité artistique et personnelle aux créateurs ayant vécu et travaillé ​à l’époque et sous le joug de l’Union soviétique. Nous devrions être ​très ​prudents lorsque nous ​condamnons ou doutons,​ dans le confort de nos refuges occidentaux, ​du comportement de tel ou tel. Nous devons nous rappeler qu’il est facile de défendre des principes moraux élevés lorsque notre vie n’est pas menacée.  » Quelles que soient la pression et les difficultés, ou peut-être à cause de celles-ci, les artistes qui vivaient et travaillaient en Russie ont produit une œuvre étonnante qui a traversé l’épreuve du temps et mérite d’être connue et étudiée.
La Croix sonore d’Arthur Lourié, et la première page de Formes en l’air, trois pièces dédiées à Pablo Picasso
Programme de l’album : Alexei Stanchinsky (1888-1914) Prelude en mode Lyrique (1908) 4.27 Four Esquisse Op. 1 (1911)  Samuil Feinberg (1890-1962) Berceuse (1912) Nikolai Obukhov (1892-1954) Four pieces (1912-1918)  Arthur Lourié (1892-1966) Forms in the Air – after Picasso (3 pieces) (1915)A Phoenix Park Nocturne (1932) Nikolai Roslavets (1881-1944) Five Preludes (1919-22) Alexander Mosolov (1900-1973) Two Dances Op. 23b (1927) Sergei Protopopov (1893-1954) Sonata No. 2 Op. 5 (1924) Le disque « Forgotten Russians » est disponible chez tous les bons disquaires — non, tous les bons disquaires ne sont pas des disquaires morts : ) … mais aussi sur Amazon ; vous pouvez aussi le retrouver sur le site de l’éditeur, Nimbus, ou encore sur iTunes, et enfin en Haute-Définition en streaming chez nos amis de Qobuz !

Vive 2019 !

Concerts de Monsieur Croche : 5 concerts d’ici à juin 2019 et bientôt l’annonce de la prochaine saison !


Vive 2019 ! Toute l’équipe des Concerts de Monsieur Croche vous présente ses vœux les plus chaleureux pour 2019, et vous remercie de votre confiance, et de votre enthousiasme. Merci en particulier à nos abonnés et soutiens de la première heure, que nous ne pouvons pas citer tous ici – mais ils se reconnaîtront. Merci aux artistes qui nous ont fait confiance et à ceux qui nous feront confiance pour la deuxième saison des Concerts de Monsieur Croche.

En seulement quelques concerts notre petite entreprise a essayé d’affirmer sa personnalité dans le concert des concerts parisiens !

Pour contribuer à vous faire passer une somptueuse année musicale 2019, nous avons déjà pas mal travaillé et nous avons devant nous les concerts déjà programmés, et qui nous porteront à juin 2019 :

(c) Damien Jacobs

Mercredi 23 Janvier : Martial Solal

(c) Jean-Baptiste Millot

Mercredi 6 février : Pavel Kolesnikov

Idil Biret avant un concert sur la scène de Carnegie Hall, Avril 2016 – Photo : X – DR

Mardi 16 avril : Idil Biret

Photo : (c) Jean-Baptiste Millot


Mercredi 22 mai : Kun Woo Paik

Mahan Esfahani – Photo : (c) Jean-Baptiste Millot


Vendredi 7 juin : Mahan Esfahani

Mais ce n’est pas tout pour 2019 !

La saison 2019-2020 des Concerts de Monsieur Croche est presque prête !

Elle débutera, si Sainte-Cécile le veut bien, le 16 octobre prochain, jour de la Sainte Hedwige. Nous en annoncerons bientôt les premiers événements et les premiers noms… avec son lot d’inédits, de surprises et d’idées fraîches !

Bonne reprise à tous – et, rendez-vous le 23 janvier. Attention, les places s’envolent vite, réservez !